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Les femmes en France pendant la guerre de 1870-1871

Horaires : 20h30-22h

Lieu : Hôtel des Feuillants 43 rue de la République, 80 000 Amiens

Institution organisatrice : Association des Professeurs d’Histoire-Géographie de Picardie.

Intervenant : Jean-François Lecaillon, Historien, spécialiste des guerres du Second Empire.

Les Français furent profondément marqués par la double tragédie de l’Année terrible : la défaite face à la Prusse d’une part, la guerre civile issue de l’insurrection communarde d’autre part. Ils sont sortis autant humiliés que frustrés de cet épisode de l’histoire nationale. Si les erreurs accumulées par leurs dirigeants avaient eu raison de la Patrie, ils n’avaient pas démérité et entretenaient le sentiment d’avoir fait leur devoir. Et les femmes ? N’ont-elles été que les victimes courageuses, mises en scène dans les nouvelles et romans (Maupassant, Huysmans, Zola…) ou dans les œuvres picturales qui les montrent occupées à faire la queue aux portes des boucheries (Manet, Andrieux…) ? Quel rôle ont-elles joué dans une guerre qui les a impliquées à double titre : comme témoins directs au contact des armées dans la mesure où il y eut invasion du territoire, la première depuis 1815 ; comme citoyennes à partir du 4 septembre, la guerre devenant à cette date celle des Français et des Françaises et non plus celle de l’Empereur.

La mémoire collective a oublié leur participation et, au grand scandale de quelques rares observateurs, la reconnaissance de leurs efforts leur fut comptée. Or, à tous les niveaux de la société, beaucoup se sont engagées sous des formes variées. Non seulement elles l’ont fait dans le cadre des besoins quotidiens qui leur étaient traditionnellement dévolus, mais aussi à titres exceptionnels, pour répondre aux nécessités de la guerre ou aux devoirs patriotiques qu’elles se donnaient. Même si leurs efforts furent vains – bien qu’ils ne le furent pas plus que ceux déployés par les hommes – elles se sont illustrées dans des domaines qui eurent un impact non négligeable sur le déroulement de la guerre et sur quelques réformes engagées par la République entre 1871 et 1914.
Après quelques rappels sur la guerre franco-prussienne pour en extraire les caractéristiques, celles qui permettent en particulier de comprendre l’engagement des femmes, les différentes formes prises par celui-ci pourront être analysées puis mises en perspective pour voir comment certaines problématiques de 1870 se retrouvent en 1914.

Au lendemain de l’Année terrible, des mémoires concurrentes se sont construites. L’engagement féminin du moment n’y a pas trouvé la place qu’il méritait. Occulté par les uns, condamné par d’autres, souvent réduit à une imagerie d’Épinal, il a aussi souffert d’amalgames désobligeants avec l’insurrection communarde ; à l’inverse, au prétexte qu’elles s’étaient insurgées, les actes patriotiques de certaines révolutionnaires ont été rayé des mémoires. Evoquer les femmes face à la guerre de 1870, c’est parler de toutes celles qui ont agi contre les Prussiens indépendamment des convictions dont elles firent preuve en d’autres occasions.

Lieux et types de manifestation