La race a une histoire : la fabrique européenne de la race, XVIIe-XXe siècles

Manifestation reportée

Table ronde des Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique

Horaires : 18h30-21h

Lieu : Espace Niemeyer, 6 avenue Mathurin Moreau, 75167, Paris 19

Institution organisatrice : Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique

Intervenants : Michel Prum, Université de Paris 7; Aurélien Aramini, Université de Franche-Comté ; Elena Bovo, Université de Franche-Comté ; Silvia Sebastiani, Ehess, Paris ; Anne Lafont, Ehess, Paris ; Olivier Mahéo, Université de Poitiers. Débat animé par Johann Petitjean, Université de Poitiers, Rédaction des Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique

Public : Étudiant.e.s, public des curieux d’histoire et des fonctionnements sociaux, militant.e.s associatif.ve.s dans le domaine des droits de l’homme, de l’antiracisme

La question de la race travaille profondément les sociétés contemporaines, source de multiples violences et injustices sociales. Travailler en historien.n.es à l’apparition et au développement de cette forme spécifique d’identification sociale paraît crucial aujourd’hui. C’est pourquoi les Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique propose de revenir dans une table ronde sur la « fabrique européenne de la race », thème du dossier du n°146 des Cahiers. « Fabrique » pour bien montrer qu’il s’agit d’un processus social qui est daté, spécifique de certains temps de l’histoire, associé  aux transformations économiques rapides que connait l’Europe avec le développement du commerce transatlantique. «Européenne » parce qu’il y a une spécificité à cette élaboration intellectuelle qui va légitimer pour plusieurs siècles l’inégalité à partir d’un point de vue européano-centré. « Race »  parce que cette élaboration intellectuelle des différences, basée sur la découverte de peuples autres au cours de l’expansion transatlantique est centrale. Fondée sur le développement d’un savoir neuf sur la nature, qui classe inlassablement et donne naissance à une vision de l’humanité hiérarchisée  par des caractéristiques physiques, elle s’élabore en même temps que la philosophie universaliste de l’égalité naturelle des êtres humains. La contradiction devient de plus en plus évidente entre les principes de l’égalité naturelle au fur et à mesure que la liberté entre dans l’horizon politique et devient cruciale dans la justification de l’ordre social et les situations de dominations violentes et de subordination d’une partie de la population. En dépit des tensions de plus en plus vives, des contestations des exclu.e.s, l’explication par l’inégalité raciale va poursuivre son déploiement de la justification du maintien de l’esclavage jusqu’en plein XIXe siècle jusqu’à l’organisation de sociétés ségréguées au XXe siècle, en premier lieu aux États-Unis, première puissance, modèle politique des pensées de la liberté.

Cette histoire permise par de nombreuses recherches récentes sera mise en débat entre des spécialistes de différents espaces, France, Écosse, Angleterre, Italie, États-Unis et différentes périodes des temps de l’élaboration de la notion au XVIIe siècle à notre présent.

Lieux et types de manifestation