Thème de la manifestation :
L’exposition universelle de 1889 à Paris comporte une section coloniale installée sur l’esplanade des Invalides. Autour du Palais des colonies qui expose des objets ethnographiques et des échantillons de produits agricoles, des « villages » ont été érigés pour la première fois, dont un « village sénégalais ».
Parallèlement aux 7 artisans, 17 piroguiers, 2 bergers et 4 cuisinières installés au « village », la délégation du Sénégal comportait un groupe de 32 chefs et fils de chefs logés en ville, pour la plupart enfants ou adolescents. Tandis que les premiers, employés sous contrat, appartenaient au personnel de l’exposition, les seconds, descendants de familles aristocratiques africaines, faisaient l’objet d’une « politique des égards » destinée à forger une élite coopérant avec le pouvoir colonial. Enfin, un groupe de 17 tirailleurs était logé à l’École de Guerre. L’objectif de cette exposition coloniale était double : faire connaître l’empire et ses composantes au public métropolitain, mais aussi construire l’image d’une France puissante aux yeux des « Sénégalais » venus à Paris, dont les administrateurs coloniaux espéraient qu’ils conteraient à leurs compatriotes, à leur retour dans la colonie, les « merveilles » de la ville lumière.
Les archives permettent de reconstituer précisément leurs activités dans et hors de l’exposition. À la fois « visités » et visiteurs, exposés et exposants, objets d’un regard exotisant souvent empreint d’ignorance, leurs interactions avec le public n’excluent pas la cordialité et l’humour. Ils parlent le français et savent transmettre leurs doléances à la presse. Ils brouillent ainsi l’image du « zoo humain » à laquelle ce dispositif d’exposition est souvent associé. Ils appartiennent à des catégories sociales, ethniques, religieuses et juridiques différentes et mobilisent des pratiques de distinction pour affirmer des identités complexes. En vertu d’une exception propre à la colonie du Sénégal, certains sont citoyens français, électeurs.
Leurs portraits photographiques réalisés en studio posent la question de la capacité des individus à s’approprier des codes et à définir les modalités de leur propre représentation. Les archives coloniales permettent de retrouver la trace de certains d’entre eux.
Il s’agira moins d’analyser le regard porté par le public sur ce « village » et ses « habitants », que l’expérience que firent les « Sénégalais » de ce séjour parisien et la place qu’elle occupa dans leurs trajectoires individuelles.
Horaires : 18h30-20h
Lieu : La Boulangerie bar, 28 rue des Postes, 59800 Lille
Contact : sihem.bella@ac-lille.fr
Organisateurs :
| NOM, Prénom | Fonctions | Institution de rattachement |
| PROUVOST Yveline | présidente | Association des professeurs d’histoire-géographie (NPDC) |
| BELLA Sihem | Vice-présidente | Association des professeurs d’histoire-géographie (NPDC) |
Lien vers les sites institutionnels des partenaires :
| Institution partenaire | Site institutionnel |
| Association des professeurs d’histoire-géographie (NPDC) | https://www.aphg.fr/ https://www.aphg5962.com/ |
Intervenants :
- Mme Isabelle SURUN