
Thème de la manifestation (explicitez le titre) :
Autour de la série de bande dessinée « Valérian », fondée sur l’idée du voyage dans le temps, notre soirée interrogera les usages de l’histoire au-delà de la pratique de la recherche. Dans une perspective franco-allemande avec trois spécialistes du Moyen Âge, de l’époque moderne, de l’époque contemporaine, elle montrera qu’images, jeux vidéo, films, bandes dessinées relient l’imaginaire populaire et la recherche, constituant un précieux espace de réflexion Une lecture de l’actrice Célia Rosisch invitera chacun au voyage.
Horaires :
18h-20h
Lieu :
Institut historique allemand
8 rue du Parc-Royal
75003 Paris
Contact : event@dhi-paris.fr
Organisateurs :
| NOM, Prénom | Fonctions | Institution de rattachement |
| OSCHEMA, Klaus | Directeur | Institut historique allemand |
| CHRISTIN, Olivier | Directeur d’études | École Pratique des Hautes Études |
Lien vers les sites institutionnels des partenaires :
| Institution partenaire | Site institutionnel |
| Institut historique allemand | https://www.dhi-paris.fr/fr/page-daccueil.html |
| École Pratique des Hautes Études | https://www.ephe.psl.eu/ |
| L’Histoire | https://www.lhistoire.fr/ |
Intervenants :
- M. Olivier Christin (EPHE)
- Mme Isabelle Deflers (Université de la Bundeswehr à Munich)
- M. Jürgen Finger (IHA)
- M. Klaus Oschema (IHA)
- Mme Celia Rosisch (actrice)
- M. Olivier Thomas (L’Histoire)
Programme détaillé de la manifestation :
L’histoire n’est pas la propriété exclusive des historien.nes. Notre imaginaire historique est aussi formé et influencé par des médias qui relèvent de ce que l’on appelait autrefois la culture populaire et dont les évolutions récentes montrent la centralité : jeux vidéo, reconstitutions de la réalité virtuelle, films, bandes dessinées… Destinées à de nouveaux publics, ces créations s’élaborent en contact avec la recherche et les connaissances historiques, jouant ainsi un rôle de médiation. Elles offrent en cela des pistes variées à la réflexion sur l’imaginaire historique. Les bandes dessinées « historiques » qui visent explicitement la restitution d’une période historique spécifique ne sont en effet pas la seule forme narrative possible. D’autres genres, d’autres constructions du récit, permettent d’aborder l’imaginaire historique de façon plus indirecte, mais aussi riche, constituant par là un laboratoire précieux pour les historien.nes, qui s’intéressent à l’imaginaire historique contemporain et à ses manières d’envisager le temps, le passé, l’avenir.
Les albums de la série à succès « Valérian » se prêtent parfaitement aux lectures plurielles d’historien.nes d’aujourd’hui. Le motif du voyage à travers le temps permet en effet aux deux auteurs de la série de proposer des images de différentes époques. Certains épisodes se situent explicitement dans le passé, évoquant par exemple des aventures dans un Moyen Âge imaginaire, mais clairement élaboré dans une perspective française ; d’autres proposent les images d’un avenir proche (les années 1980, qui jouent un rôle pivot dans la série avec l’idée d’une catastrophe fatale pour toute l’humanité) ; d’autres, enfin, se saisissent de certains motifs qui empruntent à nos connaissances historiques, par exemple à propos des sociétés féodales ou des ordres chevaleresques, afin de caractériser des cultures de l’avenir. Ces choix narratifs sont importants ; ils soulèvent des questions qui intéressent directement les historien.nes. Comment parler du passé sans en occulter les incertitudes et sans abuser du privilège que nous avons de connaître la fin ? Quelle documentation rassembler pour parler du passé mais aussi pour le faire voir ou éprouver ? Quel regard rétrospectif porter sur la manière dont on se représentait le passé dans la France des années 70-80 ?
Notre événement propose donc une soirée à cinq voix. Elle partira de l’analyse d’un choix de planches de la série « Valérian » par des historien.nes du Moyen Âge, de l’époque moderne et de l’époque contemporaine. Ils ou elles les interpréteront en fonction de leurs perspectives respectives, en incluant des comparaisons dans une perspective franco-allemande. On montrera, par exemple, que l’image du Moyen Âge de Valérian « 0 » est dominée par des motifs relevant de l’imaginaire historique français, très éloignées des idées qu’aurait mises en avant un auteur allemand. L’ensemble sera encadré par une présentation d’Olivier Christin et Olivier Thomas et une lecture scénique de l’actrice Celia Rosisch.