Horaires : 14h30-21h

Lieu : Université Paris-Est Créteil, campus centre, 61 avenue du général de Gaulle, 94000 Créteil (métro ligne 8 station Créteil université).

Organisatrice : Mireille Touzery, professeure d’histoire moderne, université Paris Est Créteil (Upec), Centre de Recherches en Histoire Européenne Comparée (CRHEC).

Intervenants : Joël Cornette, Lydwine Scordia, Mireille Touzery.

Partenaires : Archives départementales du Val de Marne, direction des finances publiques du Val de Marne, Bibliothèque universitaire de l’Upec, faculté de sciences économiques de l’Upec.

Programme : L’événement est organisé autour du livre de Mireille Touzery, professeure à l’université Paris Est Créteil, paru en 2024 « Payer pour le roi. La fiscalité monarchique. France. 1302-1792 » dont le sujet traverse les siècles. A la gabelle du sel, fait écho notre taxe sur l’essence. Le tabac reste une vache à lait fiscal. Les inégalités sont criantes entre individus et entre régions: le Parisien paie 5 fois plus que la moyenne en 1788. Exposition, débat sur Les inégalités fiscales, un impensé, un outil ou un problème? comédie en costumes intitulée Les embarras du contribuable, montreront une concordance des temps interrogeant le citoyen d’aujourd’hui.

L’historienne s’attache à ceux qui payent, plus qu’au roi. Et, les techniques fiscales étant en nombre fini, le contribuable d’aujourd’hui se retrouvera facilement dans ces périodes anciennes. La gabelle du sel est cousine de notre taxe sur l’essence. Le tabac, hier comme aujourd’hui, est une vache à lait fiscal. Les inégalités sont criantes entre les privilégiés et le contribuable commun, mais aussi entre régions : Bretons ménagés quand le Parisien paie le quintuple de la moyenne du royaume. Il en sort la Révolution qui met bas un système politique et social et aussi une géographie administrative. Mais sur la longue durée, la légitimité de l’impôt royal frappe. Elle est enracinée dans le « sauvetage » de Philippe le Bel, vaincu par les Flamands à Courtrai en 1302 et appelant à l’aide ses sujets. Le paiement de la rançon de Jean le Bon, fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers en 1356, est encore plus consensuel. Le roi incarne un ordre si désiré, politique (paix), social (justice) et économique (impôt contre stabilité monétaire). Il fallait donc qu’il revienne et chacun paya. Cet équilibre fondateur de l’Etat royal autour de l’impôt se poursuit après 1789 quand le citoyen devient souverain. Mais c’est bien depuis le XIVe siècle que l’assujetti se perçoit comme co-constructeur de l’Etat. Là se trouve une originalité du modèle français, aux antipodes du modèle américain où le citoyen des Etats-Unis s’est construit contre l’Etat britannique. Du XVIIIe siècle à aujourd’hui, le mot clé de l’idéologie américaine est la liberté. En France, c’est le mot d’égalité qui soulève les passions.

Détail de la manifestation :

Aussi des questions toujours vivantes, permettant à un public large de se saisir du sujet, seront posées au travers de plusieurs manifestations :

*un spectacle en costumes titré Les embarras du contribuable donné par les étudiants d’histoire à partir du Tableau de Paris de Sébastien Mercier (1782-88), qui fait écho, sur un ton comique, à bien des situations d’aujourd’hui (30 minutes, 17h et 19h). On affrontera avec Mercier le jargon des économistes, les embouteillages aux entrées de Paris, les complexités douanières, on se réjouira chez le cabaretier Ramponneau, aux prix imbattables juste derrière la muraille de la ville

*une exposition montée par les étudiants d’histoire (cartes, documents originaux du XVIIIe siècle venus des Archives départementales, photos)

*’un débat rassemblant historiens et acteurs de l’administration fiscale actuelle (14h30-16h30) sur le thème Les inégalités fiscales, un impensé, un outil ou un problème? Seront notamment présents J. Cornette, historien de l’Etat des temps modernes et L. Scordia, historienne médiéviste de la genèse intellectuelle de l’impôt.

Année, lieux et types de manifestation