Les historiens face aux émotions

Manifestation reportée en 2022

Horaires : 19h-21h

Lieu : Café «Le Tonneau de Diogène», 6 place Notre-Dame, 38000, Grenoble

Institutions organisatrices: LUHICE (Laboratoire universitaire, Histoire, Italie, Europe)—UGA (université Grenoble-Alpes)

Intervenants : Maria Paola Castiglioni (mcf histoire grecque, UGA LUHCIE), Anne Béroujon (Mcf histoire moderne UGA — LAHRA), Marianne Guérin (docteur en Histoire contemporaine, professeur en CPGE, Lycée Champollion) — Philippe Tarel (docteur en histoire romaine, professeur en CPGE, Lycée Champollion). Animatrice : Marie-Claire Ferriès (MCF histoire romaine, UGA — LUHCIE).

Étudiants, lycéens, enseignants curieux

À l’occasion des Nocturnes de l’Histoire, des historiennes et historiens grenoblois animeront une conférence à quatre voix sur le thème de l’historien face aux émotions. En traitant de ce thème, des mondes antiques à l’époque contemporaine, ils présenteront les documents sur lesquels ils travaillent, en croisant les regards, les approches et les périodes, puis livreront leurs méthodes, leurs analyses et leurs propres émotions qui font, du passé, l’histoire.

La participation aux Nocturnes de l’Histoire sera l’aboutissement d’un programme pluri-annuel « Émotion, émotions » qui s’est concrétisé à travers plusieurs rencontres entre historien(ne)s de l’UGA et des classes préparatoires du lycée Champollion de Grenoble. Chacune des rencontres qui se sont déroulées en 2019-20 a proposé un regard sur l’histoire des émotions à travers des conférences particulières toujours faites à plusieurs voix en tentant de croiser les périodes et les regards. Les Nocturnes viendraient clore ce cycle sur l’histoire des émotions, courant historiographique novateur qui ouvre de nouveaux champs disciplinaires, tout en lui donnant un écho, une dimension particulière par la volonté de s’insérer dans la cité et de donner à voir ce qu’est l’histoire en 2020-21, à un moment où les émotions sont partout et tout le temps actives. L’enjeu serait alors d’essayer de réfléchir à cette notion, d’en évoquer l’expression ou au contraire d’expliquer au nom de quoi les réprimer, de la rationaliser, de cartographier le sensible ou débusquer le sensible comme moteur des actions. L’émotion sera envisagée comme en premier lieu la réaction sensorielle à un événement, un espace ou une rencontre, sentiment intime donc, mais aussi son expression individuelle. L’émotion est également le moteur reconnu d’actions ou de réactions et la coexistence du pluriel placé dans le titre du programme permet d’ouvrir la question aux mouvements collectifs et aux émotions complexes, les deux pouvant être liés.

La rencontre du 31 mars 2021, intitulée « Les historiens face aux émotions », se déroulera en deux parties. La première, « Faire l’histoire des émotions intimes », sera consacrée à la présentation de documents liés aux deux Guerres mondiales et à l’expression des sentiments liés à l’expérience directe : Philippe Tarel : « En proie à une poignante angoisse » : Émotions de guerre d’un musicien-brancardier, août-septembre 1914) ou indirecte du champ de bataille (Marianne Guérin : « Je t’écris tous les jours », Renée à Alphonse, 25 septembre 1939 : Ce que la guerre fait aux émotions (1939-1945)) ; et la seconde « Penser ou ressentir les émotions collectives ? » sera en revanche centrée sur les émotions et les actions des femmes face à la révolte et à la guerre, aux époques ancienne (Maria Paola Castiglioni : « Femmes grecques entre émotions, action et censure ») et moderne (Anne Béroujon : « Émotion frumentaire/émotion de l’historien.ne »). Un débat suivra les présentations, animé par Marie-Claire Ferriès.

Lieux et types de manifestation