Horaires : 17h30-20h30
Lieu : Ville de Le Tampon (île de La Réunion) , sur un ancien site sucrier transformé en parcours de santé, pour le parcours nocturne, et EHPAD Villas Terrain Fleury, à proximité immédiate, pour la projection.
Organisation : Dominique Vandanjon-Hérault, PRAG Histoire moderne Université de La Réunion, retraitée, membre des Ami-e-es de l’Université, et membre Académie de l’île de La Réunion.
Association Les ami-e-s de l’Université. voir le site institutionnel ici.
Intervenants : Compagnies de théâtre du Tampon (Théâtre d’Azur et MJC de la ville), EHPAD Villas terrain Fleury, Fondation FAVRON, Municipalité du Tampon.
Programme : Déambulation nocturne sur les lieux des vestiges de la vieille sucrerie du Tampon, ayant fonctionné au 19e siècle, avec une troupe de théâtre, retraçant le quotidien des centaines de travailleurs d’autrefois, venus d’Inde et d’Afrique; puis projection du film « Femmes, mémoire d’une île », (association les Ami-e-s de l’Université) à l’EHPAD installé à proximité immédiate.
Détail de la manifestation :

Spectacle vivant, pour une contribution au centenaire de la naissance de la commune du Tampon:
La sucrerie de Bel-Air a fonctionné entre les années 1820 et 1920, l’une des rares sucreries de l’île Bourbon/La Réunion à être installée en altitude (400 mètres au-dessus du niveau de la mer). Des centaines de travailleurs, d’abord esclaves, puis affranchis, ont été rejoints à partir des années 1850 par des engagés venus de l’Inde, de la côte africaine, de Madagascar, des îles Comores. Ils ont cultivé la canne, le maïs, le café, tressé le vacoa pour en faire des sacs destinés à emballer café et sucre. Ils ont travaillé à l’usine, de jour comme de nuit en période de roulaison, de coupe de la canne à sucre. Ils ont fait office de cochers, de palefreniers, nettoyant les étables à mules, de forgerons, de maçons, ou d’ouvriers à tout faire.
Certains d’entre eux ont fait souche, et sont devenus ce que l’on appelle des « colons partiaires », continuant de cultiver une terre qu’ils ne possédaient toujours pas. Ils sont pourtant, eux aussi, et malgré le silence et l’oubli les concernant, les acteurs de la naissance de la Commune du Tampon.
Par une déambulation nocturne sur les lieux des vestiges de la sucrerie, accompagnée par une troupe de théâtre, des pans de leur histoire et de leur vie quotidienne seront dévoilés. La vie de Victorine, équarisseuse, de sa mère, esclave, de sa fille et de ses petites-filles, domestiques engagées, révèleront le parcours quotidien de ces femmes courageuses. Il en sera de même pour Paulin Clavier, esclave à talents, et ses enfants, et pour Adolphe, un cafre mozambique qui faillit être tué à la suite d’une révolte de travailleurs chinois engagés…

Le parcours se terminera par une projection d’un film d’une heure environ, « Femmes, mémoire d’une île », réalisé par l’association les Ami-e-s de l’Université, sous la direction artistique de Lionel Lauret, et avec la contribution de plusieurs universitaires. Le film retrace le parcours de trente femmes remarquables, et parfois discrètes, qui ont marqué l’histoire de l’île, des origines du peuplement à nos jours. La place, et la voix, des femmes étant souvent, en effet, encore plus discrète dans les méandres de l’histoire, encore plus dans l’histoire des colonies lointaines de la France. La projection aura lieu dans une salle de réunion de l’EHPAD Villas Terrain Fleury, Fondation FAVRON, au Tampon, installé sur le site de l’ancien château de Bel-Air, résidence de changement d’air des anciens maîtres du domaine, la famille Kerveguen. Des liens familiaux ont uni cette famille au Duc de Trévise, chambellan de Napoléon III, qui eut l’occasion de séjourner sur le site à au moins deux reprises. Le Duc étant en effet marié à la fille de Gabriel de Kerveguen, Emma Le Coat de Kerveguen. Le nom de Kerveguen émaille encore aujourd’hui plusieurs sites de la commune, et figure parmi les toponymes insulaires.
La projection est destinée prioritairement aux résidents de l’EHPAD, et à leur famille, mais sera également ouverte à tout public, à titre gracieux.