Horaires : 18h30-20h
Lieu : Bibliothèque Sainte-Geneviève, salle de lecture de la Réserve, 10 Place du Panthéon, 75005 Paris. Voir le site institutionnel ici.
Organisation : Agnès Calza, Bibliothèque Sainte-Geneviève, Réserve.
Intervenant : Samuel Gessner, professeur invité du Département d’histoire et philosophie des sciences, Université de Lisbonne
Programme : Une des merveilles cachées conservées par la bibliothèque Sainte-Geneviève est son impressionnante horloge planétaire datant des environs de l’année 1500. Cette œuvre est d’un immense intérêt pour l’histoire des sciences et des techniques. Sur ses cadrans somptueusement décorés, elle prétend afficher, en temps réel, la course des sept planètes avec toutes les subtilités de ces mouvements. Durant cette conférence, le public est invité à explorer les diverses parties de cette machine à la fois belle et complexe. Vous aurez l’occasion privilégiée d’admirer l’horloge planétaire de la bibliothèque Sainte-Geneviève à la fin de cette conférence

Détail de la manifestation :
La production de tout artefact complexe requiert la coordination des expertises les plus variées. Ainsi, la création d’une horloge aussi complexe que celle de la bibliothèque Sainte-Geneviève impliquait la collaboration d’experts de domaines distincts : l’astronomie théorique, l’horlogerie et les arts tels que la sculpture, l’orfèvrerie ou la menuiserie. Cet objet met par conséquent en évidence des aspects très particuliers de l’histoire des sciences astrales. Les détails mécaniques, géométriques et artistiques sont à l’image de cette articulation fascinante de savoir-faire et de connaissances très hétérogènes. La réalisation matérielle de cette horloge montre à quel point les connaissances des sciences astrales étaient partagées parmi le commanditaire, ses experts en astronomie et les ouvriers et artistes qui l’ont conçue et manufacturée.
Les phénomènes célestes, notamment les planètes avec leurs révolutions, ont été observés partout et de tout temps. Ainsi, nous trouvons des références à des artefacts merveilleux dont les mouvements imitaient le ciel tout au long de l’histoire mondiale : horloges, sphères, équatoires, astraria ou planetaria. Les horloges de Giovanni Dondi (Padoue, 1381) ou de Lorenzo della Volpaia (Florence, 1484) font ainsi date au haut moyen âge et à la Renaissance. Ces horloges, de par leur complexité technique et leur référence à un savoir astronomique très spécialisé ont toujours été rares, et la plupart n’ont pas survécu aux vicissitudes de l’histoire.
L’horloge planétaire de la bibliothèque Sainte-Geneviève est le plus ancien ouvrage préservé parmi ceux dont le mécanisme vise à reproduire la course inégale des sept planètes au sens classique : Saturne, Jupiter, Mars, Soleil, Vénus, Mercure, Lune. Chaque cadran de l’horloge est dédié à l’une des planètes. L’aiguille principale de chaque cadran indique – sur un zodiaque en miniature – la position momentanée de la planète en question. Le huitième cadran, conçu par le mathématicien Oronce Fine (1494-1555), avait une fonction astrologique reliant chaque « heure » de la journée à l’une des planètes. La signature figurant sur ce cadran a fait penser, pendant une longue période, que tout le mécanisme était dû à O. Fine. Or il est admis aujourd’hui que le mécanisme planétaire est antérieur d’un demi-siècle.
Les horloges planétaires les plus sophistiquées (actuellement préservées, outre à Paris, à Vienne, Cassel, et Dresde) ont donné lieu à un projet de recherche international auquel le conférencier participe depuis une dizaine d’années. Les résultats de ce projet permettent désormais de mettre en perspective le défi qu’a posé la création de l’horloge de la bibliothèque Sainte-Geneviève.